HHF raconte des dernières années années en catégorie reine
Heinz-Harald Frentzen a raconté les dernières années de sa carrière en Formule 1, et notamment une dernière saison frustrante chez Sauber F1. Alors qu’il revenait à Hinwil après y avoir fait ses débuts entre 1993 et 1996, et après une pige fin 2002, il espérait mieux.
Mais ’HHF’ a été accueilli par un directeur technique, Willy Rampf, qui avait conçu une voiture délicate à piloter et refusait de laisser les pilotes intervenir pour la modifier à leur guise et la faire évoluer, ce qui l’a énormément frustré.
Pourtant, il avait déjà connu un moment de frustration deux ans plus tôt quand Eddie Jordan l’avait écarté en milieu de saison, ce qui l’avait amené à se rapprocher de Prost GP pour disputer la fin de saison.
“Quand Eddie m’a licencié en 2001, je suis allé chez Prost GP pour le reste de la saison. Mais Alain ne pouvait pas me payer” a déclaré Frentzen. “Il me l’a dit tout de suite. Je lui ai répondu que ce n’était pas grave, que je courrais pour lui gratuitement, que mon objectif était de l’aider à aller le plus vite possible et que ma motivation était de battre les Jordan avec son aide.”
En 2002, il a signé chez Arrows mais l’équipe était également en grande difficulté, et il confirme dans le podcast Beyond the Grid “ne pas avoir gagné un sou” dans cette saison qui n’est pas allée à son terme, puisque l’équipe a disparu, et que Frentzen a fait une pige chez Sauber avant de revenir à Hinwil en 2003.
“Oui, c’est pourquoi j’ai arrêté après Sauber en 2003. Quand je suis revenu chez Sauber, ce dont j’étais reconnaissant et heureux, j’ai trouvé une voiture qui offrait très peu de possibilités d’intervention au pilote.”
“Willy Rampf m’a dit ’tu ne peux plus toucher à la construction de la voiture, la seule chose que tu peux toucher, c’est la barre anti-roulis, la rigidité du différentiel ou l’aileron arrière. Mais tu ne peux pas toucher au carrossage, à la barre antiroulis, tu ne peux pas toucher aux amortisseurs… il ne voulait pas faire cela.”
“Il disait que ce n’était pas le travail du pilote d’apporter ces modifications. J’ai essayé de lui expliquer ’Willy, j’ai participé à toutes ces discussions. Crois-moi, fais-moi confiance, nous pouvons améliorer considérablement la voiture’. Il m’a répondu ’tu ne toucheras pas à une seule vis de cette voiture’.”
“En fin de compte, il m’a montré la voie à suivre : soit je rentrais chez moi, soit j’acceptais les conditions. C’est là que j’ai complètement perdu ma motivation. Il ne voulait pas connaître toute l’expérience que j’avais acquise par le passé avec d’autres équipes. Putain, les amortisseurs ! Jetez-les si nécessaire, mais faites quelque chose !”
Avec cette interdiction lancée par Rampf, Frentzen avait l’impression de recevoir un salaire bien trop élevé pour l’impact qu’il pouvait avoir sur l’équipe et la monoplace, lui qui avait couru gratuitement pour Prost et pour un faible salaire chez Jordan.
“J’ai adoré tous les défis, mais au final, ce que j’ai ressenti chez Sauber lors de ma dernière année, c’est que j’étais tout simplement surpayé. Parce que j’étais capable de tirer beaucoup plus de la voiture, car je connaissais les difficultés de la Sauber.”
“Je savais qu’il y avait quelque chose qui clochait, si vous apportiez quelques modifications à la voiture, celle-ci gagnait une seconde. Je le savais. Mais tous les autres pilotes pouvaient faire le même travail que moi. Nick Heidfeld me battait parfois.”
“C’était le meilleur exemple. Si vous ne pouvez rien toucher sur la voiture, si vous avez des voitures similaires, il n’y a pas beaucoup de différence dans les réglages que vous pouvez faire, d’un point de vue intelligent du pilote, pour faire ce pas en avant afin d’augmenter les performances de la voiture.”
“Je n’étais pas en mesure de le faire. Je n’avais pas le droit de toucher à aucune vis qu’il était nécessaire de toucher. C’est ce que je ressentais, car je venais au week-end de course juste pour être payé pour conduire, sans me servir de mon cerveau, sans réfléchir. Je n’avais donc le droit d’utiliser mon cerveau que pour garder le pied sur l’accélérateur.”
C’est à ce moment là que ’HHF’ a décidé de ne plus poursuivre sa carrière, et ce alors qu’il avait une offre pour 2004 de la part de Jordan. Mais dans une équipe irlandaise exsangue, il n’aurait pas fait mieux et se rappelle avoir été en burn-out.
“Eddie est venu me voir à Suzuka en 2003 et a essayé de me convaincre de rester une année de plus chez Jordan. La conversation a été très brève. Je ne pouvais pas le faire, aujourd’hui, on appellerait cela le syndrome d’épuisement professionnel.”
“À l’époque, ce terme n’existait pas. J’étais complètement épuisé. J’avais déjà hâte de participer au DTM, car je pensais que ce serait différent, que je pourrais me consacrer entièrement à la course, gagner de l’argent et m’amuser. C’était mon idée. Je ne voulais pas repartir de zéro.”
Après cette frustration lors de la dernière saison, l’Allemand a aussi jeté un regard déçu sur sa carrière en catégorie reine : “Quand j’ai terminé en 2003, je n’étais pas satisfait de ma performance, car je pensais que j’aurais pu faire mieux et obtenir de meilleurs résultats.”
“Je m’en voulais de ne pas avoir été assez fort politiquement face à Eddie lorsqu’il m’a renvoyé. Je ne me suis pas non plus lancé dans la politique. Ce n’est pas mon genre. J’aimais davantage la technologie, mais je n’ai pas réussi à convaincre les gens de la direction que je souhaitais prendre.”
“Tout comme ce que j’ai appris chez Williams, j’aurais pu apprendre chez Prost ou chez Sauber, mais je n’ai pas réussi à convaincre Willy Rampf d’adopter une approche différente de la course. Je m’en voulais, car je me suis rendu compte que je n’étais pas un pilote de course accompli, incapable de rallier les gens à ma cause, de les convaincre.”
Bien que Frentzen semble être dur avec lui-même dans sa manière de voir son impact sur les équipes dans lesquelles il a piloté, il explique que c’est le principe pour un pilote professionnel, de se remettre en question et de se juger durement.
“C’est ce que vous êtes en tant que pilote de course. En tant que pilote de course, nous apprenons assez rapidement à ne jamais blâmer l’équipe ou quelqu’un d’autre pour nos mauvaises performances, quelles que soient les erreurs que nous commettons, etc.”
“Vous ne blâmez jamais personne d’autre que vous-même. Il vaut mieux se taire, ne pas dire la vérité, mais ne pas blâmer tout le monde. Vous n’allez donc pas là-bas pour blâmer l’équipe. En tant que pilote, vous ne pouvez pas faire cela, ce qui signifie également que vous êtes toujours très dur avec vous-même.”
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Sauber – Stake F1 Team

